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Le scandale Steinhoff a déjà fait perdre 12 milliards $ à ses investisseurs dont 2,8 milliards $ pour le sud-africain Christo Wiese

Steinhoff International Holdings, qui jusqu’au lundi 4 décembre dernier était encore une cible de placement fortement recommandée par une bonne fourchette d’analystes, est aujourd’hui devenue la peste des marchés financiers de Francfort et de Johannesburg, suite à l’admission par ses dirigeants, de l’existence en son sein de pratiques fiscales douteuses, et la démission de Mark Jooste son directeur général depuis 1998, qui a présenté ses excuses et reconnu avoir mal agi.

Après avoir plongé de 61% sur le JSE (marché financier sud-africain) mercredi 6 décembre, le jour de l’annonce, l’action Shoprite a de nouveau chuté jeudi 7, perdant jusqu’à 40% sur son cours d’ouverture. Cela s’est traduit par une perte de valeur équivalente à 12 milliards $. A lui seul, le milliardaire sud-africain Christo Wiese, le premier actionnaire de Steinhoff a déjà connu une perte de 2,8 milliards $ et le bout du tunnel ne semble pas proche.

Le ministre sud-africain des finances a demandé qu’on lui face un rapport circonstancié sur les conséquences de cette affaire qui secoue le monde de l’investissement en Afrique du sud. En effet, la Public Investment Corporation, l’entité publique qui gère les fonds de pension de la fonction publique en Afrique du sud, est le deuxième actionnaire de Steinhoff, avec un peu plus de 10% de participation.

Mais au delà du scandale financier, la question qui se pose et qui revient toujours après un tel « tremblement de terre » sur un marché financier, c’est comment cela a pu arriver au nez et à la barbe de tout le monde, sans qu’une masse critique de personnes ne lève le petit doigt, ou que personne ne perçoive des signes avant-coureurs. 

Dans l’affaire, on parle aujourd’hui de sociétés écrans, qui permettaient de dissimuler d’importantes pertes, des directeurs généraux de filiales qui se mettaient ensemble pour tromper les investisseurs, et un endettement qui est allé croissant. Des analystes financiers, grassement payés pour repérer ce danger, semblent n’avoir vu que du feu.

Le pire, c’est que ce n’est pas la première fois, sur le Johannesburg Stock Exchange, qu’une entreprise cotée fini par reconnaître ses faiblesses structurelles masquées, et que cela se traduise finalement par une grosse perte pour des investisseurs. Il y a quelques années, c’est African Bank Investment Ltd (ABIL), qui avait défrayé la chronique en annonçant sa faillite.

 Il reste donc à savoir si Steinhoff connaîtra le même sort que cette banque (démantèlement et renflouement). Rien n’est moins sûr. ABIL vendait des produits financiers et immatériels, Steinhoff, pour sa part, dispose d’important actifs mobiliers, composés des stocks de produits qu’elle commercialise. Toutefois, le rapport commandé à PricewaterhouseCoopers donnera une idée plus précise de l’étendue des dégâts financiers au sein du groupe.

Source: Agence ecofin

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